Mo, femme Africaine et expat : entre Dubaï et Madrid

Être Africaine et expat ? Deux termes qui sont rarement associés, pour ne pas dire jamais. Cela nous vient certainement plus naturellement lorsque l’on parle de personnes ayant vécu en Occident. Ce discours à sens unique, nous remplit d’idées préconçues et préjugés. Pourtant j’en ai rencontré une à Madrid. Elle s’appelle Mo, elle vient du Nigéria et vit actuellement à Madrid. La ville madrilène sonne comme un nouveau départ pour elle. Elle y est venue pour changer de carrière. Comment en est-elle arrivée là ?

 Les débuts de la vie d’Expat

Mo est Nigériane et son pays elle l’adore. Avant même que les gens ne lui demandent, je leur dis que je suis Nigériane, dit-elle, sur un ton enjoué et fier. Elle a vécu au Nigéria une majeure partie de sa vie, avant de commencer sa vie d’expat à Dubaï. Elle s’inscrit en master en commerce international, où elle étudia au European University College Brussel. Mo y resta 4 ans où elle travailla à Etisalat, une entreprise de télécommunication. Vivre à Dubaï fut une expérience intéressante pour elle, où il faut s’adapter à d’autres moeurs. À ses débuts, elle portait les même tenues de travail qu’au Nigeria : des tenues près avec des talons. 

Toutefois, elle a remarqué que les hommes et aussi les femmes étaient inconfortables. Elle a fini par porter des tenues plus larges car elle ne souhaitait que cela mettent une barrière avec les femmes et qu’elles se sentent jugées.Mo a passé du bon temps à Dubai et ne regrette pas cette expérience. L’entreprise ouvre une start-up au Nigeria et c’est l’occasion rêvée pour elle de retourner dans son pays natal. 

Changement de carrière, changement de vie

À Etisalat, Mo était responsable qualité assurance, chargée de tester les services et produits et de s’assurer de leur conformité. La routine s’est installée et elle a commencé à s’ennuyer. Elle n’évoluait pas comme elle l’aurait souhaité, elle décida donc de donner sa démission et de reprendre ses études. Mo décide de visiter plusieurs pays européens, pour décider la prochaine destination de son expatriation. Elle se serait bien vue vivre en Italie, par rapport à la culture qui lui est familière mais c’est en Espagne qu’elle trouve son école, à l’Istituto Europeo di Design.

En 2015, elle s’installe donc à Madrid et débuta sa licence en architecture d’intérieur. Il lui a fallu un peu de temps avant de s’habituer Madrid. Mo y venait souvent pour les vacances et s’installant à Madrid se croyait encore en vacances, en prenant du bon temps, en socialisant beaucoup avec ses ses camarades de classes. Puis, au bout de quelques mois, elle se mit sérieusement à ses études et passa sa vie entre devoirs et recherches pendant un an.

Vivre à Madrid en tant qu’expat Nigériane

Mo s’y plaît à Madrid. Le temps est assez clément, les locaux sont plutôt accueillant-e-s et très famille, ce qu’apprécie particulièrement Mo. L’espagnol, elle l’apprend petit à petit, en observant et écoutant les gens parler. Comme dans toute vie à l’étranger, on ne peut échapper aux mauvaises aventures. Elle s’était volée son porte-monnaie, avait travaillée avec une patronne toxique, qui ne voulait pas lui accorder de vacances et qui s’attendait à ce que Mo fasse beaucoup plus que ce qui lui était demandé.

Elle a connu aussi quelques péripéties au niveau du logement. La propriétaire lui refusait de lui donner un contrat d’habitation et avait fini par la jeter dehors, sans aucune raison. Ironie du sort, Mo l’a croisera deux plus tard et la propriétaire lui demandera de l’a pardonner.  Malgré ses quelques rebondissements, elle ne compte pas sitôt de partir de Madrid.

Mo, femme Africaine et expat : entre Dubaï et Madrid