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5 femmes révolutionnaires du continent asiatique à connaître

Révolutions et femmes sont des mots qui ne sont pas souvent associées. L’image que nous vient souvent à l’esprit sont des hommes, révoltés, brandissant les armes et dévoués corps et âmes à leur cause, jusqu’à que la mort les séparent. Après avoir mis en avant le rôle de pionnières du féminisme dans le continent asiatique, cet article est cette fois-ci consacré aux femmes révolutionnaires asiatiques, ayant laissé leur empreinte dans l’histoire.

Xie Xuehong

Xie Xuehong est une des figures importantes de la révolution taïwanaise de 1947. Née dans le comté de Changhua en 1901, elle est issue d’une famille très pauvre et d’une fratrie de 7 enfants. Vivant dans des conditions très précaires et malades, ses parents meurent alors qu’elle n’avait tout juste 13 ans. Xie se retrouve donc dans une famille adoptive abusive et fuit le domicile pour échapper à un mariage arrangé avec le fils de la famille.

Elle entame des études sociologie et prend part au Mouvement du 30 mai. Après avoir poursuivi ses études à Moscou, elle retourne en Chine en 1927 et aide à la construction du parti communiste taïwanais. Les idéologies chauvinistes et sexistes prennent petit à petit le dessus au sein du parti. Les femmes sont de plus en plus reléguées au second plan, leur préférant un rôle de femmes au foyer. Dans ses conditions, Xie Xuehong, est alors leader du parti communiste taïwanais et fait face à l’hostilité de certains hommes du parti, ne souhaitant pas se faire diriger par une femme.

Elle entame des études sociologie et prend part au Mouvement du 30 mai. Après avoir poursuivi ses études à Moscou, elle retourne en Chine en 1927 et aide à la construction du parti communiste taïwanais. Les idéologies chauvinistes et sexistes prennent petit à petit le dessus au sein du parti. Les femmes sont de plus en plus reléguées au second plan, leur préférant un rôle de femmes au foyer. Dans ses conditions, Xie Xuehong, est alors leader du parti communiste taïwanais et fait face à l’hostilité de certains hommes du parti, ne souhaitant pas se faire diriger par une femme.

Kanno Sugako

Kanno Sugako est la première femme prisonnière politique à avoir été exécutée sous l’Empire du Japon. Elle est née à Osaka en 1881, une ville portuaire de l’est du Japon. Très proche de sa mère, elle meurt lorsque Kanno Sugako atteint l’âge de dix ans. Son père se remarie à une belle-mère au comportement toxique. À 15 ans elle orchestre une agression sexuelle contre Kano afin qu’elle s’éloigne de son père. Blâmée par la société, Kano trouver un certain réconfort en lisant Toshihiko Sakai, un écrivain et historien japonais, encourageant les victimes d’agressions de ne pas se sentir fautives et honteuses.

Le succès de la féministe et poète Yosano Akiko la motive à débuter sa carrière dans le journalisme et se fait remarquer par le romancier Bunkai Udagawa. En 1903, elle obtient son premier emploi en tant que journaliste et auteure de fiction au sein d’un journal local à Osaka. Kanno Sugako n’a pas toujours exprimer une vision féministe dans ses oeuvres. Ses premiers articles fustigent la prostitution, qualifient les geisha de laides et demande la même année l’annulation d’une représentation de geisha lors de la 5ème exposition nationale industrielle à Osaka. Sa vision féministe se dessine petit à petit dans ses écrits, comme dans la fiction Omokage, une fiction abordant les multiples oppressions que subissent les femmes. Une rencontre avec des membres de différents partis de gauches lui ont fait mieux comprendre les problématiques liées aux maisons closes. Elle tourne donc ses critiques vers le gouvernement pour avoir sanctionné la prostitution et ne pas avoir soutenu ces femmes. 

Au sein de des différents partis de gauches, Kano se rend compte qu’ils sont majoritairement dominés par les hommes et bien que l’égalité hommes-femmes soit prônée, cette égalité ne reste que théorique. Elle n’hésite pas à partager ses critiques dans ses écrits.

Le 22 juin 1908 marque une tournure radicale dans son parcours. Quelques socialistes se sont rassemblé-e-s lors de la libération de l’anarchiste de Koken Yamaguchi. Scandant des slogans anarchistes et socialistes et agitant des drapeaux rouges, la situation s’est envenimée et 14 personnes ont été arrêtées. S’inquiétant pour ses ami-e-s- arrêté-e-s, Kano se rend au poste de police pour avoir des nouvelles et finit incarcérée pendant deux mois. Elle est libérée le 29 août 1908 et se retrouve harcelée par la police. Et puis la tuberculose la ralentit de plus en plus dans son travail. Kano continue tout de même son combat et se radicalise. Elle participe à un complot visant à assassiner l’empereur Meiji. Ses derniers jours, elle les passent à se préoccuper de la tombe de sa soeur et du sort des personnes innocentes condamnées. Le 25 janvier 1911, Kano est pendue.

Nguyen Thi Minh Kha

Nguyen Thi Minh Kha est une révolutionnaire et leader du parti communiste d’Indochine durant les années 1930. Elle grandit dans la ville de Vĩnh Yên, au nord du Vietnam, dans une famille aisée. Pendant sa jeunesse, Nguyen Thi Minh Kha a été influencée par les écrits de Phan Boi Chau, figure du nationalisme vietnamien. Du haut de ses 15 ans, elle décide donc de quitter sa famille pour emprunter le chemin de la révolution. En 1931, elle participe avec Ho Chi Minh, à une formation de l’internationale communiste. Elle finit par être arrêtée par les autorités britanniques et est incarcérée pendant trois ans. En 1934, Nguyen Thi Minh Kha rejoint Moscou en faisant de la contrebande, et continue ses études.

À son retour au Vietnam, Nguyen Thi Minh Kha s’implique activement dans le parti communiste en tant que secrétaire général à Saigon (l’ancien de la ville d’Ho-Chi Minh). Le Vietnam, qui est alors une colonie française, voit peu à peu des soulèvements armés se former, notamment le Nam Kỳ khởi nghĩa, qui fut un soulèvement en 1940 contre les colonisateurs, un mouvement mené par le parti communiste indochinois. Nguyen Thi Minh Kha participe à ce mouvement et fut arrêtée lors d’une révolte à Nam Bo, une ville du sud du Vietnam. Elle meurt en 1941, exécutée par les colons Français.

Gabriela Silang

Gabriela Silang est la première femme révolutionnaire anti-colonialiste aux Philippines, menant ses combats contre les colonisateurs espagnols. Elle est née le 17 mars 1731 à Santa, une municipalité d’Iloco Sur. Son père, Anselmo Cariño, est un commerçant espagnol et sa mère une autochtone du peuple Itneg. Dès le plus jeune âge, Gabriela reçoit une éducation chrétienne, est élevée par un prêtre et se retrouve à 20 ans mariée à un riche homme d’affaires. Son mari meurt quelques années plus tard et c’est à ce moment-là qu’elle rencontre l’amour, le vrai. Elle se remarie en 1757 Dileo Silang, un résistant anti-colonial.

Cinq ans plus tard, la guerre de sept ans éclate, les Britanniques déclarent la guerre aux Espagnols. Dileo et Gabriela y voient comme un bon moyen de se débarrasser des colons Espagnols. Ils s’associent alors aux Britanniques, qui le nomment gouverneur de la région d’Ilocos. À ses côtés, Gabriela est une de ses plus proches conseillers-ères. Entre temps, les colons espagnols offrent une récompense pour le meurtre de Dileo Silang. Il sera tué en 1763 à Vigan. Gabriela se réfugie dans la région d’Abra. Elle reforme ses troupes au sein de la communauté Itneg et assumant le rôle de commandante en chef. Elle tente d’assiéger la ville de Vigan mais échoua. Les colons espagnols finissent par la capturer. Elle sera exécutée avec ses troupes le 20 septembre 1763. 

Wu Shuqing  

Wu Shuqing est une féministe, nationaliste et révolutionnaire chinoise. Elle se démarque pour voir mené une troupe armée entièrement féminine lors de la révolution de 1911. Très vite elle se fait remarquer pour sa force physique et son intelligence. Elle est convaincue par l’égalité des genres et le nationalisme. Se battre contre la dynastie Qing, issu de l’ethnie Mandchous et les puissances étrangères, était un devoir pour Wu Shuqing. La révolution éclate en 1911. Wu Shuqing encore étudiante, envoya une lettre à Li Yuanhong, général et homme politique, en manifestant son désir de former une milice féminine.

Elle essuie d’abord un refus de la part de Li Yuanhong, estimant qu’il serait trop compliqué d’intégrer d’avoir une milice mixte. Wu Shuqing ne se laisse pas pour autant abattre et exprime son désir de participer à la révolution. Elle finit par convaincre Li Yuanhong et crée troupe armé féminine, rassemblant une centaine à plusieurs centaines de femmes. Avec sa troupe, Wu Shuqing participe aux batailles de Hankou et Nanjing et gagne rapidement en renommée. La fin de la révolution sonne la fin pour toutes les troupes militaires féminines, elles sont toutes dissolues en 1912. Quant à ce qu’est devenue Wu Shuqing après sa carrière militaire, le mystère plane toujours.

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Auteur-e

A., créateur-rice du blog POC Stories, partageant divers portraits de personnes racisées et des sujets d’actualité. Vous pouvez me suivre sur Instagram ou YouTube.

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